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Mercredi 30 avril 2008
Tant de choses a raconter, si peu de temps et d'acces a internet! Alors je vais tenter de resumer le mieux possible. Je vis dans une maison en bois qui donne sur la plage et la partage avec geckos et iguanes. Tres rustique mais avec toilettes, douche, electricite et mini coin cuisine. Pas de frigo malheureusement et une chaleur de plus de 30 degre chaque jour et 80% d'humidite. Mon travail du moment consiste a connaitre le coin le mieux possible et tenter de trouver les nids des oiseaux relaches. Quand on sait qu'ils se sont disperses jusqu'a 40 kilomettres du point de depart, c'est une tache titanesque. Je fais donc des journees de 7heures de marche dans la montagne et beaucoup de randonnee a cheval. Les quelques lecons d'equitation de mon enfance se revelent bien utile! Ce que je prefere c'est le galop de retour, sur la plage, les cheveux au vent et le coeur debordant de vie.
Je dois aussi preparer des protocoles de suivi de la nidification etvplancher sur une etude  de la cognition (comment ca fonctionne dans leur tete) des oiseaux qui sont encore au centre de reproduction. Les oiseaux qui depassent 6 ans semblent s'adapter moins bien que les jeunes de 1 ou 2 ans. Il semble y avoir un seuil critique apres lequel ils ont moins d'habilites pour s'adapter a un nouvel environnement et trouver des sources de nourriture par eux-memes. Faire une etude en captivite pourra permettre de determiner les reactions des differents groupes d'age a des nourritures inconnues. Bon j'arrete avec mes reflexions scientifiques pour vous parler de la magnificience des lieux! Les colibris me rendent visite chaque matin et prennent le petit dej dans mes hibiscus, le bruit des vagues me bercent a l'heure d'aller au lit, les serpents traversent la route et me font faire des bonds de trois metres de haut, y'a des singes hurleurs qui hurlent comme ils se doiven a 4 h du matin. Ou ca? Dans l'arbre juste derriere chez moi.
J'ai tant d'autres choses a raconter mais vais devoir vous quitter. Laissez moi vos commentaires, envoyez moi des petits bouts de France. Elle semble si loin vue d'ici!
par Fleur
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Dimanche 20 avril 2008
Je viens vous dire un petit au revoir parce que je m'envole demain pour la jungle palpitante. Chris et moi prenons le petit d'avion du lodge ou ont eu lieu les relaches, tres tot demain matin (la classe hein?). Je vais y passer entre deux semaines et un mois avant de devoir revenir en ville pour mon permis de recherche. J'ai hate de decouvrir ma maison et la beaute du lieu dont chacun ici fait les louanges. Il me tarde aussi de voir les oiseaux sans grilles autour de leur ailes et d'entendre les nouveaux bebes piailler puis sortir leur tete des nids. J'irai probablement une fois par semaine a la petite ville la plus proche et vous donnerai des nouvelles de mes aventures!
par Fleur
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Samedi 19 avril 2008
Il y a des jours comme ca, ou la confiance est la. Où l'on se sent pret a avaler le monde d'un seul gloup! Aujourd'hui est un tel jour et je ne peux m'empecher de le partager avec vous! Je souhaite aujourd'hui vous lancer des bouffees d'optimisme en pleine figure, en esperant qu'elles vous laisseront le coeur leger et combattant.
A tous ceux qui s'angoissent, et j'en connais un paquet... surtout parmi ceux qui ont fait les memes etudes que moi et qui veulent travailler dans le meme domaine. Oui vous tous que j'entends d'ici annoncer "Je n'y arriverai jamais", je veux vous dire une fois de plus : A coeur vaillant rien d'impossible ! Je pourrais meme ajouter dans mon élan, Bordel! Mais loin de moi une telle grossierete...
Ce que je veux vous dire c'est qu'il n'est pas besoin d'etre exceptionnel pour reussir et realiser ses reves. Ce qui compte ce n'est meme pas le talent et encore moins la chance. Ce qui compte c'est la gniac et la volonte. Je n'ai cesse de precher cette parole a mes camarades de fac et je le serine encore aujourd'hui. Vos talents, vous les laissez s'evanouir quand vous baissez les bras! Je ne suis pas meilleure qu'une autre et mes reves, je les vois chaque jour devenir realite sous mes yeux. Et encore, ce n'est que le debut. Et ca, je ne l'ai pas obtenu grace a la chance ou parce que je suis particulirement douee, mais parce que je l'ai voulu et que rien n'a pu m'empecher d'atteindre mon but. J'aimerais tant transmettre a ceux qui doutent cette certitude que l'on peut reussir n'importe quoi si on le veut assez fort. En tout cas j'aurai essaye, et publiquement en plus.

Mais revenons a nos volatiles. Hier, a 16h30 environ, rien n'indiquait que je serai si jouasse aujourd'hui apres la bourde que je m'appretais a commettre... Toute joyeuse a l'idee de vous faire une petite video des perroquets , je m'en allais (gaiement et totalement insouciance) rejoindre Julie et Rikke, les deux volontaires du moment. J'entre dans la cage, toujours aussi insouciante, fais ma petite video, mes petites photos pendant que les filles distribuent la nourriture. Puis, nous passons un certain temps a nous extasier devant les oiseaux, on parle de leurs plumes, de leur couleurs, et vas-y que je te les trouve beaux et mignons, et tellement intelligents en plus et gna gna gna gna gna.... Puis vient le moment de sortir et de les laisser enfin tranquilles... Je me dirige donc vers la sortie quand HORREUR! Je me rends compte que j'avais mal ferme la porte de la cage et voila une douzaine d'oiseaux qui deambulent dans la voliere, sur le sol, ils marchent comme des poules, se dispersant lentement mais surement, aussi etonnes que nous que cette porte soit ouverte. Heureusement, la cage ou se trouve ce grand groupe donne sur la totalite de la voliere et ils n'etaient donc pas laches dans la nature. Apres maintes galopades, envolades et "vas-tu donc arreter de t'envoler dans tous les coins et rentrer dans la p..... de cage!" (en anglais bien sur), je me suis resolue a aller chercher Chris, le chef soigneur, toute penaude et repentante. Me rassurant bien vite en me disant que ca arrivait tout le temps, il est venu nous aider et a fait rentrer les 4 derniers recalcitrants en deux temps trois mouvements. Bien vite excusee par mes collaborateurs et patrons, je pousse un gros OUF de soulagement...
par Fleur
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Jeudi 17 avril 2008
Oyé Oyé! Des nouveautes en vue sur mon blog a plumes. L'ambiance sonore etant tres particuliere au pays des perroquets hurleurs, je me propose de vous faire decouvrir les eructations de mes proteges. Vous aurez donc droit d'ici peu à un enregistrement ou une petite video... Esperons que je ne m'avance pas trop vite et que la connexion internet fasse son boulot... En tout cas je fais ce que je peux pour vous tenir en haleine!
En attendant, je m'en vais vous conter mon fou rire d'hier soir. Cela aussi aurait merite une video mais a defaut, je vais essayer d'etre la plus imagee possible. La vie au centre est vraiment particuliere en ce sens que nos oreilles ne sont jamais au repos. Hier soir donc, j'avais decide que ma journee etait terminee et me prelassais dans un des hamacs du patio. L'autre hamac etait occupe par Marti, notre honorable curatrice qui est une personnalite unique. Elle etait en pleine bataille avec son ordinateur portable, au combien recalcitrant comme a son habitude. Silencieuse dans mon hamac, elle me decrivait ses problemes informatiques tout en pestant a intervalles reguliers. Autour de nous Laika coursait Kit Kat le nouveau chaton recu il y a quelques jours. Il s'agissait donc de la rappeler a l'ordre toutes les 5 minutes environ. Le patio accueille egalement Leonora, une vieille perroquet handicapee qui a eu un coup de mou et que nous essayons de remettre sur patte. Elle poussait son delicieux cri dechireur de tympan de temps a autre. Le niveau sonore etait deja plutot eleve entre les rappels a l'ordre du chien, les engueulades de l'ordinateur, les velleites d'expression du perroquets handicape et l'eternel boucan de tous les autres piafs dans les volieres. C'etait sans compter la participation de la meute presente dans l'enclos jouxtant le patio. Pour on ne sait quelle raison, un chien devant le portail, un ballon dans la rue, un enfant avec un t-shirt rouge, peu importe, il y a toujours une occaion pour les chiens du refuge de hurler a la mort. Une fois de plus la quinzaine de clebs se mit a aboyer a qui mieux mieux. La patience de Marti, deja grandement entamee, commenca a fondre comme niege au soleil. Sans quitter son hamac elle commenca a hurler elle aussi de sa voix de chanteur de jazz afro-americain. Vous voyez ce que je veux dire, cette voix grave et puissante qu'ils ont? Et bien elle aussi elle sait le faire! Je vous epargnerai tous jurons anglais censes faire taire la meute endiablee. Pauvre Marti, malgre sa voix de chanteur de jazz afro-americain, les aboiements et autres HOU HOU HOU redoublerent. C'est alors que sa patience se brisa tout a fait. D'un geste rageur et bouillonnant elle claqua l'ecran de son pauvre ordinateur portable, le balanca rudement sur le sol et bondit de son hamac avec le dos courbe, prete a echarper le moindre animal se trouvant sur son chemin. A ce moment la, Laïka laissa tomber la traque du chaton pour se refugier entre mes jambes. Marti saisit un seau d'eau sans cesser de hurler des "shut up i'm going to kill you all" (traduction : vos gueules, je vais tous vous tuer!) a la cantonnade et envoya valser l'onde salvatrice par dessus la cloture, sous les KAÏ KAÏ des cabots qui detalaient. Je ne pouvais pas m'empecher de rigoler. Je me cachais tant bien que mal pour ne pas qu'elle me voit pouffer mais c'etait assez incontrolable. Puis, un silence relatif revint alors nous apaiser. Toutefois, quelques individus vindicatifs continuaient de lancer quelques WOUF, aussitot couverts par la voix de chanteur de jazz decrite plus haut. Inutile de vous dire que ce genre de raout arrive au moins une fois par jour. Pauvre Marti, elle qui fait tant pour ces animaux et il la remercie en lui brisant les nerfs.
par Fleur
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Mercredi 16 avril 2008
Aujourd'hui, un peu de culture scientifique pour mes fideles lecteurs. Non! Restez, vous allez voir, c'est super interessant! Mais restez! Puisque je vous le dis. Je vais me la jouer petit documentaire animalier, vous allez voir. Attention c'est parti : saviez-vous qu'il est possible de reconnaitre chaque perroquet individuellement? Non? Moi non plus je ne savais pas. Et pour tout dire, je n'y crois toujours pas. Toutefois, une fois larguee dans la jungle, je vais devoir reconnaitre chacun des 49 perroquets relachés. D'habitude, on utilise des bagues de couleur quand on doit reconnaitre des oiseaux individuellement. Seulement voila, les perroquets ont un bec qui n'est pas juste un bec, c'est une tenaille capable de vous couper une phalange (notez la remarque a sensation digne des meilleurs documentaires sur nos amis les betes). Alors les bagues de couleur en plastique, vous pensez...
Les plus curieux d'entre vous se demanderont surement : "Mais alors? Comment faire?" Notez la encore comment j'arrive a maintenir un suspense insoutenable...
Quid du radio-tracking me diront les biologistes? Vous savez, ces petit sacs a dos emetteurs qu'on scotche sur le dos de pauvres volatiles obliges de se trimballer ca pendant des mois? Ces trucs infames qui forcent tant de pauvres scientifiques a faire les andouilles avec leurs antennes qui bipent? Et bien non, pas de ca chez nous! On les veut libres comme l'air nos piafs, pas de sac a dos encombrants, pas de bagouzes aux couleurs peu seyantes, rien! Que du pur oiseau libre et sauvage (ils ont quand meme de discretes bagues de metal avec un numero dessus, impossible de lire le numero entre les branches bien  entendu...)
Alors que reste-t-il? Un bon oeil bien aiguise, voila ce qui me reste!
Il parait que chaque bec a un dessin particulier, et les taches vertes sur les plumes jaunes aussi, sont particulieres a chaque oiseau. La je viens de donner l'information qui vous apprend quelque chose. Hein? Super interessant hein? Vous vous sentez moins betes hein? Qui sait qui va avoir l'air intelligent au prochain diner mondain?
Pour moi, point de diner mondain mais le cou tordu en bas des arbres. Il va donc me falloir memoriser des becs et des plumes, j'ai pas fini de cauchemarder!
Sur ce, heureuse d'avoir pu vous apprendre quelque chose d'essentiel aujourd'hui, je m'en vais rejoindre mon hamac qui sent le chien.
par Fleur
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Mardi 15 avril 2008

Mes journées au centre commencent généralement très tôt. Il faut rappeler que ce n’est pas seulement un centre de reproduction de perroquets mais aussi un refuge pour tous les chiens et chats abandonnés du quartier. Vers 4h30 environ il arrive souvent qu’un malicieux greffier saute du toit directement sur mon lit. Si, si, c’est tout à fait possible. Il est difficile de décrire l’architecture du lieu mais toujours est-il que les chats se baladent sur les toits et quand l’envie leur en prend, ils déboulent par la fenêtre et atterrissent lourdement sur mon lit. La première fois ça surprend et puis comme pour tout, on s’habitue. S’en suit des demandes répétées et insistantes de câlins qui me tirent peu à peu du sommeil. Vers 5h15, c’est au tour des perroquets de se réveiller et d’entonner leur chant matinal. Pardon, non, impossible de parler de chant en ce qui concerne ces oiseaux. Il s’agit plutôt d’un cri puissamment éraillé et désagréable qui perce le tympan. Le fond sonore criard qui démarre restera branché toute la journée, jusqu’à la nuit tombée. Je me lève, donc, et mon premier acte de la journée consiste à me jeter sur le sérum physiologique pour soulager mes yeux qui piquent. La proximité des poils de chats, chiens et de la poussière est sans pitié. Puis je m’habille de mes vêtements de travail déjà couverts de boue (les chiens sont mal élevés et sautent bien sûr) et descend les escaliers en zig-ziguant entre les queues de chiens qui s’agitent et les multiples corps félins qui s’étalent sur les marches et rambardes. Arrivée en bas, dans la cuisine-salon, Marti s’active déjà, distribuant croquettes pour chiens, croquettes pour chats et admonestations à tout ce petit monde indiscipliné qui ne manque pas de faire pipi à côté de la litière ou se soulager en plein milieu du salon. J’entreprends alors je me faire un petit-déjeuner, je pousse Mango qui bloque l’accès du micro-onde, fais chauffer mon eau et mon petit pain puis pique la marmelade d’orange de Marti (anglaise de son état). Je pars alors m’asseoir dans le patio est c’est le moment que Marti choisit pour faire sortir les chiens qui sont parqués pour la nuit dans une pièce attenante au dit patio. Le but de la manœuvre est de faire passer la horde affamée de cette pièce à l’enclos extérieur. Peu d’entre eux bien sûr, on l’intention de suivre une ligne droite entre ces deux points. Je me retrouve donc à avaler mon petit pain en toute hâte, poser mon thé sur le banc et courir après les dératés qui envahissent l’espace. Il y a ceux qui foncent à l’arrière du bâtiment, ceux qui montent l’escalier et croient qu’ils peuvent se planquer, ceux qui veulent des câlins, ceux qui ont le diable au corps. Une fois tout ce petit monde dûment disputé, porté, réprimandé, il est temps de se diriger vers le hangar à nourriture. S’en suivra une interminable liste de fruits et légumes à découper pour remplir les cinq bols géants destinés aux perroquets. Trois heures plus tard environ, c’est la pause et nous prenons enfin le temps de boire, discuter, et comme toujours, faire des caresses aux animaux qui le demandent. Je suis alors libre de mes mouvements et entreprend des activités un peu plus scientifiques, lecture et recherche de bibliographie principalement. Plus, apprentissage de l’espagnol. A midi, j’ai pris l’habitude de rejoindre les volontaires qui sont logés chez l’habitant pour partager un très bon repas préparé par Daisy, la maîtresse de maison qui nous parle à toute vitesse en espagnol. Totalement oublieuse du fait qu’on ne comprend pas la moitié de ce qu’elle dit, elle débite joyeusement des phrases colorées. Jour après jour je comprends de mieux en mieux, c’est encourageant ! Le repas se compose de salade mélangée, haricots noirs, riz aux crevettes, pommes de terre à la coriandre, poulet grillé, tortillas, chips. Tout est formidablement bon et je me ressers plusieurs fois ! Après manger je reste souvent chez elle pour continuer mes recherches sur internet puis je rentre à la maison pour discuter du programme avec Marti, rigoler avec les volontaires et faire une pause. Le soir Marti me fait parfois des sushis au surimi très réussis et nous nous affalons devant une épisode de Absolutely Fabulous, cette série anglaise totalement déjantée que je n’avais jamais vue. J’avais vu le film avec Josiane Balasko et Nathalie Baye qui s’était inspiré de cette série, une nullité sans nom. « The real thing », par contre, vaut le détour ! Vers 20h00, complètement claquée, je vais prendre ma douche dans une salle de bain boueuse et rejoint ma chambre déglinguée. Les mêmes chats cités plus haut entreprennent alors de m’empêcher de lire, font des traces de pattes sur mes draps et mon beau dessus de lit Tortues Ninjas. Après 10 minutes de lecture mes bouchons d’oreilles sont les bienvenus pour m’isoler du monde et rejoindre les bras de Morphée.

Voilà, j’espère que cela vous donne une idée de ma vie du moment. Dans quelques jours tout cela va changer et ma routine sera complètement différente. Je vous tiendrai informés de mes combats avec les serpents, les heures humides passées sous le déluge tropical et les ailes flamboyantes qui déchirent le ciel.

par Fleur
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Lundi 14 avril 2008
La confiance revient peu a peu! Ce matin Marti m'a remercie pour mon aide a la preparation de la nourriture des oiseaux, parce que ce n'est pas ce pourquoi j'ai ete engagee. Mais il y a toujours tant a faire, je ne me verrai pas rester assise pendant que tout le monde s'agite autour de moi. Alors chaque jour, de 6h a 9h, je coupe, je tranche, je trie les fruits exotiques et moins exotiques destines a nos pensionnaires. Marti m'a encore repete a quelle point elle etait contente que je sois la et qu'il ne fallait pas que j'ai peur de les decevoir alors ca a bien regonfle mon moral. Comme quoi il suffit de peu parfois.
Voici un petit echantillon du repas tres varie de nos amis ailes : papaye, goyave, mangue, noix de palme, betterave, carotte, tomate maïs, canne a sucre, poivrons, oeufs, haricots verts, pomme d'eau (typique d'ici), banane et j'en oublie surement. on leur donne meme de la biere pour la vitamine B.
J'ai insere quelques photos du centre sur le blog pour ceux qui veulent avoir un apercu du centre. Je vais reste ici toute la semaine puis prendrai un petit avion jusqu'a Tistika, le site de relacher principal, le 21 avril. Mon aventure dans la jungle debutera alors reellement. Deux volontaires vont m'y assister, un americain et un allemand. Il faudra les faire lever tous les jours a 5 heures pour la surveillance des nids, esperons qu'ils ne renaclent pas trop. J'ai hate de decouvrir ce site, ma petite maison et la vie qui m'y attend!
par Fleur
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Samedi 12 avril 2008
Il est des jours ou cette satanee confiance en soi fait cruellement defaut. Je doute de tout et de moi-meme surtout. Vais-je etre capable de? Suis-je vraiment capable de? Tous ces gens qui comptent sur moi ne vont ils pas devoir faire face a une cruelle deception quand ils connaitront le vrai moi? Le moi qui n'est pas la guerriere sans peur et sans reproches quíls pensent avoir engage?Tout le monde autour de moi loue mon courage sans egal et moi je tremble de trouille devant l'ampleur de la tache qui m'attend. Un volontaire m'a dit que le reel courage est justement d'avoir la trouille mais d'agir tout de meme, de plonger malgre tout vers l'inconnu. Je suppose qu'il n'a pas tort. En tout cas ca rassure l'espace d'un instant.
Il est parfois si difficile de savoir si on est a sa place n'est-ce pas? Je revais depuis longtemps d'un poste comme celui-ci, voila que je l'obtiens, et maintenant il va falloir etre a la hauteur!
Voici mes etats d'ames du jour. Il faudra repasser pour l'esprit conquerant qui me caracterise d'ordinaire. L'heure du doute a sonne, viendra je l'espere celle de la serenite.
N´hesitez pas a poster des commentaires de soutien. Meme les aventurieres en ont beosin ;-)
par Fleur
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Mercredi 9 avril 2008

Quelques jours que je suis au Costa Rica et je suis en pleine phase d'adaptation.
Le centre de reproduction des perroquets est le havre du chaos oú se mêlent perroquets criards aux couleurs chatoyantes et chiens et chats abandonnes qui ont trouve ici un refuge bien merite.
Pardonnez d'avance les erreurs d'accents, je tape sur un clavier hispanophone recalcitrant.
Avant de m'envoler pour la jungle impenetrable, je dors dans une maison digne des plus beaux bidon villes connus a ce jour. Les lattes du plancher ont des trous ainsi que les draps, les araignees et leurs toiles sont les veritables maitres des lieux et mon lit n'est pas mon lit mais celui des multiples chats de la maisonnee.
J'en apprends chaque jour un peu plus sur le projet et le role que je vais devoir jouer. Ils attendent beaucoup de moi et de mon "expertise" comme ils disent. Mot au combien effrayant si l'en est... Moi, experte? Ah bon? Comment? Ou est la sortie SVP?
En bref il va falloir assurer. D'autant plus que nous venons de boucler un budget des plus consequent avec un riche proprietqire terrien du nord du pays pour y installer un nouveau site de relacher. Du coup, mon salaire risque de se demultiplier comme par enchantement et je vais me retrouver a la tete d'une nouvelle experience scientifique d'envergure! C'est pas beau ca? Oui ben ca fout la trouille a vrai dire! Et c'est tres excitant a la fois.
A part ca mon espagnol balbutie peniblement pour l'instant et se reduit a des phrases du type "toi ouvrir porte pour moi?" et des tas de "muchas gracias" pour tenter de faire passer mon incompetence linguistique deplorable.
Je n'ai aucune idee de ce qui adviendra de moi dans les prochains jours car tout programme change plusieurs fois au cours d'une journee. Je posterai des nouvelles des que possible.
Hasta luego!

par Fleur
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Mercredi 2 avril 2008
Bonjour à tous,
Dans deux jours s'annonce mon grand départ vers l'inconnu de la jungle du Costa Rica.
Je viens d'être embauchée comme biologiste au sein du projet Amigos de las Aves et serai chargée de suivre la réintroduction de perroquets ara.
C'est un rêve qui se réalise et aussi un grand défi à relever.
Je suis encore en France mais sens déjà la moiteur de la forêt tropicale, ses bruits et frémissements que je ne connais pas et qui pourtant murmurent à mes oreilles. Après les difficultés personnelles que je viens de traverser, ce départ est un saut dans une nouvelle vie, encore une.
Je vous propose de me suivre entre les lianes pour découvrir mois après mois la liberté retrouvée d'oiseaux qui avaient disparu du ciel et qui y déploient à nouveau leurs ailes aujourd'hui. Quand j'aurai accès à internet je vous raconterai mes grandes extases et mes petits chagrins, la trouille des serpents qui se jetteront sur moi, les maladies terribles dont je serai immanquablement frappée, mes progrès en espagnol et la gastronomie du nouveau monde.

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